Application de l’indicateur de connectivité aux friches franciliennes
Les friches recensées dans l’Observatoire des friches 2023 de L’Institut Paris Region se sont vu attribuer une valeur de l’indice de connectivité écologique, issu du travail de modélisation des connectivités écologiques en milieu urbain (méthode présentée ci-dessus).
Cet indice a été calculé à deux échelles complémentaires : régionale et communale afin d’appréhender à la fois le rôle des friches dans les continuités écologiques d’importance régionale et leur contribution à la connectivité locale.
Les principaux résultats
À l’échelle régionale, 5,4 % des friches de la base de données Friches de l’IPR présentent une importance forte à très forte dans la connectivité des milieux urbains. Ces friches à fort ou très fort potentiel de connectivité sont quasiment toutes localisées en grande couronne (99 %).
À l’échelle communale, la contribution des friches apparaît nettement plus marquée. Plus d'un tiers (36 %) des 2 743 friches recensées jouerait un rôle fort à très fort dans la connectivité locale des milieux urbains. Cette proportion atteint :
- 44 % en grande couronne ;
- contre 16 % en petite couronne.
Les friches situées dans des communes à dominante agricole présentent, en moyenne, une contribution potentielle plus faible à la connectivité écologique. Cette différence s’explique en grande partie par un biais méthodologique : l’indicateur de connectivité a été conçu pour évaluer la connectivité des milieux urbains et pour des espèces « urbanophiles ». Les milieux agricoles n’ont ainsi pas été considérés comme des milieux perméables facilitant le déplacement des espèces sélectionnées dans l’étude. Ce biais devra être corrigé pour les communes à dominante agricole qui souhaiteraient se réapproprier et adapter la méthode à leur contexte territorial.
Un traitement cartographique complémentaire a permis d’identifier l’occupation du sol majoritaire pour chaque friche. Il ressort que les friches associées à un faible potentiel de connectivité correspondent principalement à des espaces dominés par les activités humaines (routes, bâtiments, zones urbaines, zones d’activités ou de loisirs). À l’inverse, les friches présentant un potentiel de connectivité élevé sont davantage liées à des occupations du sol peu artificialisé (boisements, milieux herbacés…).