Biodiversité confinés jour 1 : le Pigeon ramier

08/04/2020 - 19:36

Chaque jour, notre ornithologue Maxime Zucca, vous invite à apprendre à reconnaître une espèce parmi la faune visible depuis nos fenêtres, en ces temps de confinement, afin que même les plus urbains d'entre nous, ceux qui n'ont pas la chance de pouvoir profiter d'un jardin ou même d'un balcon, puissent se reconnecter à la nature. Et vous vous rendrez compte que, même au coeur des grandes villes, il y a des choses à observer que nous ne prenons habituellement plus le temps de voir !

Pigeons ramiers © Maxime Zucca

Commençons par le Pigeon ramier : vous êtes presque sûrs de le voir en moins de 5 minutes. Plus gros que le Pigeon de ville (= Pigeon biset), on le reconnaît à coup sûr par :

  • la large tache blanche au cou
  • l’œil et le bec jaunes
  • la poitrine gris-lilas
  • les ailes gris unies sans barres noires
  • en vol, une large bande blanche en travers de l’aile.

Il commence à chanter dès maintenant :

https://www.xeno-canto.org/462990

Le mâle signale aussi en ce moment son territoire par un vol alternant des montées en claquant des ailes, avant de redescendre en vol plané, puis remonter en claquant des ailes, etc, plusieurs fois de suite.

Plusieurs milliers de couples nichent à Paris. Un ornithologue avait compte 92 nids occupés dans le seul jardin du Luxembourg. Il est en augmentation.

Il niche dans les arbres d’alignement, mais aussi parfois même dans les jardinières. Il niche même sur les poutres métalliques de la Tour Eiffel !

Les ramiers parisiens se nourrissent fréquemment à l’extérieur de la ville : chaque matin, on peut compter les oiseaux en vol vers la périphérie. Ils vont se nourrir dans les champs tout autour de la capitale : Seine-et-Marne, Oise, Essonne... On le sait grâce aux marques posées par l’OFB (ex ONCFS) sur les ramiers des Tuileries.

Sinon les Pigeons ramiers de Paris sont assez sédentaires, mais la ville peut être survolée (plus en altitude) par des vols de ramiers migrateurs, y compris en cette saison, au mois de mars. Les chasseurs du sud-ouest les appellent « les Palombes », ils chassent les migrateurs avant leur survol des Pyrénées. En réaction, les pigeons adoptent une migration en plus grands groupes, pour limiter les pertes.

Ah oui : c’est lui le responsable des charmantes fientes blanc-vert qui décorent nos voitures au printemps, lorsqu’ils se gavent se bourgeons : se garer sous les arbres d’alignement est dangereux à cette époque !

Pour nous venger, les éperviers et les faucons pèlerins règnent : les ramiers composent parfois leur menu. Ici, un épervier en train de déplumer un ramier dans mon ancienne cour du 14è.

Nous remercions la LPO Île-de-France et ses membres pour leurs photos qui nous permettent d'illustrer certains de nos propos.

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