Alerte canicule : vous avez chaud ? La faune et la flore aussi !

08 juillet 2026ContactMarjorie Millès

Les épisodes de chaleur extrême se multiplient et s’intensifient. Ces conditions mettent à rude épreuve les espèces sauvages, notamment les oiseaux, insectes, petits mammifères, reptiles ou amphibiens, qui peinent à s’hydrater, se rafraîchir ou se nourrir. Les plantes, quant à elles, peuvent s’adapter à court terme par l’évapotranspiration, mais souffriront également de la chaleur, du stress hydrique, et de brûlures dues aux rayons du soleil, si ces épisodes durent trop longtemps.

Manque d’eau, sols secs, absence d’ombre et de refuges végétalisés augmentent fortement les risques de mortalité. Cette pression supplémentaire s’ajoute aux nombreuses menaces pesant déjà sur la biodiversité urbaine et périurbaine, d’autant plus dans les contextes où l’îlot de chaleur urbain aggrave ces phénomènes. Quand ces vagues de chaleur ont lieu plus tôt dans l’année, en période de reproduction ou de floraison, c’est même la viabilité de toute une population ou communauté d’espèces qui peut être impactée localement.

Face à cette situation, chacun peut agir à son échelle. L’Agence régionale de la biodiversité en Île-de-France (ARB îdF) invite les Franciliennes et les Franciliens à adopter des gestes simples et utiles pour aider la faune et la flore sauvages, même si ces actions n'ont qu'une portée réduite face à une crise de dimension globale, qui appelle à agir collectivement sur les causes plus que sur les conséquences.

Quelques gestes individuels simples

Mettre de l'eau à disposition

  • Installer des points d’eau à même le sol (cuvette enterrée, soucoupe…) et en hauteur.
  • Ajoutez une pierre ou une branche pour permettre aux animaux de ressortir facilement s’ils tombent dedans.
  • Renouvelez l'eau chaque jour afin d'éviter la transmission de maladies et surtout le développement des moustiques.

Pour observer la faune en toute discrétion, installez un piège photo ou munissez-vous de jumelles. Vous découvrirez de nombreuses espèces… sans perturber leur tranquillité. 

Évitez les pièges

Les seaux, bassines, piscines ou récipient à fond profonds peuvent devenir de véritables pièges. Couvrez-les ou installez un système anti-noyade à l’aide d’un grillage « en échelle », une planche, un tissu en jute ou une cagette/paillasson agrafé au bord ou une branche permettant aux animaux de remonter. Rendez-vous-en bas de page pour fabriquer le vôtre !

 Des kit anti-noyade sont vendus pour les piscines. La plupart du temps, une planche partiellement immergée, un morceau de toile plongée dans l’eau depuis la berge font l’affaire.

Garder de la fraîcheur

La végétation est le meilleur climatiseur. Plus les strates végétales sont développées, fournies et diversifiées, plus elles apporteront de l’ombre et permettront à l’air de se rafraichir naturellement grâce à l’évapotranspiration.

  • Evitez toute tonte ou débroussaillage de végétaux en période de canicule ou à leur approche. En plus de diminuer le phénomène d’évapotranspiration, la tonte augmente le besoin en eau des plantes pour leur permettre de repousser. En dehors de ces périodes, privilégiez la tonte raisonnée 1/ 3-2/3 en zone enherbée
  • Préservez les haies, arbustes et arbres qui offrent ombre et fraîcheur. 

Créer des refuges

Une mare, un tas de bois, une haie ou quelques pierres peuvent devenir des abris indispensables pour de nombreuses espèces. Si la superficie de votre jardin le permet, n’hésitez pas à « voir large » afin de limiter l’effet lisière et augmenter l’isolation du cœur de ces aménagements (par exemple, l’idéal de superficie des tas de bois ou de pierres se situe entre 2 et 5 m3 pour garantir des conditions thermiques et hygrométriques stables). Concernant les mares, si elles sont créées à partir de bâche EPDM ou à l’aide de bassin préformé, ces revêtements capteront plus de chaleur, augmentant ainsi la température de l’eau et diminuant son oxygénation. Lors de leur conception, veillez à prévoir des bordures en pente douce permettant leur végétalisation. Vous pouvez même ajouter des revêtements naturels plus clairs permettant aux plantes de mieux fixer leurs racines (voir les toiles de paillages naturelles).

 Comment créer une mare naturelle dans son jardin ?

 

Arroser autrement

Pour les plantations, privilégiez un arrosage raisonné et au goutte à goutte, idéalement à partir de récupérateur d’eau de pluie. S’il doit être complété par un arrosage manuel, privilégiez les heures les plus fraîches de la journée (tôt le matin ou tard le soir) et en dehors de la période d’exposition directe des végétaux au soleil, afin d’une part de limiter l’évaporation instantanée de l’eau, et d’autre part de limiter le risque de brûlure des feuilles mouillées par effet loupe. 

Privilégiez les oyas (pots en terre cuite enterrés), qui diffusent lentement l’eau et prolongent la fraîcheur du sol, ce qui profitera aux plantes et autres organismes du sol. Cette solution est particulièrement utile en cas d’absence.  

 Fabriquer une oya « maison », rien de plus facile !

Préserver la biodiversité c’est avant tout s’adapter aux changements climatiques
Face au défi climatique, la végétalisation, la désimperméabilisation des sols, la renaturation et la présence d’espaces de nature deviennent des alliés majeurs pour diminuer l'effet d’îlot de chaleur urbain, améliorer le bien-être des habitants, comme la survie de la faune et de la flore sauvages.

J’ai trouvé un animal en détresse, que faire ?

La découverte d'un animal sauvage blessé ou d'un jeune animal semblant abandonné suscite souvent l'envie d'intervenir. Pourtant, de nombreux jeunes oiseaux ou mammifères passent naturellement plusieurs jours au sol ou à proximité de leur refuge tout en continuant à être nourris et surveillés par leurs parents. Une intervention inadaptée peut alors réduire leurs chances de survie. 

Avant toute action, il convient donc d'observer la situation à distance et de limiter les manipulations. Si l'animal est manifestement blessé, en danger immédiat (route, chantier, prédation par un animal domestique) ou si son état semble préoccupant, il est recommandé de le placer temporairement dans un carton fermé, au calme, à l'abri de la chaleur et du bruit, puis de contacter immédiatement un centre de soins spécialisé pour la faune sauvage ou une association compétente. Un arbre de décision est à votre disposition pour vous orienter au mieux. 

Si vous trouvez un animal sauvage sous la canicule

Plus la prise en charge est rapide, plus les chances de survie et de retour à la liberté de l’animal sont élevées. 

Contacts utiles

Liste non-exhaustive de structures accueillant les espèces d’animaux sauvages :  

  • Faune-Alfort (Maisons-Alfort, 94) : toutes espèces de faune sauvage 

rouvez le centre le plus proche de chez vous : https://www.lpo.fr/lpo-locales/lpo-ile-de-france/faune-sauvage-en-detresse/centres-de-soins-en-ile-de-france2

Autres informations utiles : Aidez la faune sauvage en période de canicule (LPO)

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