Site internet | Cettia : outil de saisie de données naturalistes (2014)

Ornithologue aux inventaires éclairs. (c) Ophélie Ricci

Quelles observations naturalistes ont été effectuées au cours des derniers jours ? Est-ce que le Lézard vert est présent sur ma commune ? Comment signaler le Grand Paon de nuit qui est rentré hier dans ma cuisine ? Voici les principales possibilités qu’offre Cettia.

Développée depuis 2012 par Thierry Roy, d’abord mise en service dans le département de Seine-et-Marne (alors portée par Seine-et-Marne Environnement), Cettia a été déployée à l’échelle régionale en octobre 2014 par l’Agence Régionale de la Biodiversité en Île-de-France. Les connaissances régionales y progressent au rythme de 350 000 données saisies ou importées par année.

Quelle différence avec faune-idf ?

Une base de données fonctionnant sur le même principe existe depuis 2010, administrée par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Celle-ci est une base de données associative privée, qui ne permet pas d’y saisir des données publiques car celles-ci passent alors automatiquement dans le domaine privé. De plus, les exports de données provenant de Cettia sont gratuits et la charte de l’outil suit la philosophie de la charte du Système d’Information sur la Nature et les Paysages. Cettia, avec la base de données Flora du CBNBP, constitue la plate-forme régionale du SINP – dont l’agrément est prévu en 2018. Cettia-idf a comme référentiel taxonomique TAXREF et permet la saisie de tous les taxons, des collemboles aux algues d’eau douce.

Le développement de Cettia étant directement financé par l’ARB, ce lien direct permet une souplesse et une rapidité particulière sur les demandes propres à notre région, et facilite la procédure d’import.

La question de l’import est centrale : plus du tiers des données contenues dans Cettia proviennent d’imports de données stockées par les différents producteurs. Un bilan des imports est régulièrement effectué (voir par exemple celui de l’année 2016).

Comment saisir une donnée ?

La première démarche à effectuer est de s’inscrire en ligne, ce qui est très rapide. Une fois l’email de confirmation reçu, la saisie d’une donnée se fait en deux étapes :

  1. Le renseignement de la session d’observation (a minima un lieu sélectionné sur la carte et une date)
  2. Une fois la session enregistrée, on peut ensuite indiquer toutes les espèces observées à cette date sur ce lieu (volet « observation »)

Le volet « explorateur » permet de consulter les sessions d’observations des autres utilisateurs.

Un clic droit allié à la touche Ctrl permet d’obtenir de l’aide pour chaque rubrique.

Attention : il est essentiel de ne saisir que des observations pour lesquelles l’identité est certaine ! Cettia n’est pas un forum d’aide à l’identification, même si bien sûr, chacun a le droit à l’erreur. Il est d’ailleurs recommandé d’ajouter des photographies lorsqu’il s’agit d’espèces rares ou difficiles à déterminer.

À quoi servent les données de Cettia ?

Les données brutes de biodiversité ont de multiples usages possibles. Les exemples qui suivent ne sont pas exhaustifs :

  • Permettre de mieux cartographier la présence d’une espèce, de simplement connaître le patrimoine naturel francilien : ce recensement permanent est loin d’être achevé ! La cartographie des observations de chaque espèce est accessible via l’explorateur de données dans Cettia, mais est également présent sous forme de fiches espèces pour certains groupes taxonomiques sur le site des atlas dynamiques de la biodiversité en Île-de-France.
  • Alimenter les connaissances au niveau national et mondial : l’ensemble des données saisies dans Cettia sont ainsi reversées à l’inventaire national du patrimoine naturel et au GBIF.
  • Connaître les enjeux en terme de biodiversité d’un territoire : d’une commune dans le cadre de la réalisation d’un PLU, par exemple – un accès simplifié à ces connaissances est délivré sur notre observatoire des territoires sur la base des données CETTIA ; d’un périmètre concerné par un projet d’aménagement, ce qui permet de s’assurer que le bureau d’étude responsable de l’étude d’impact tiendra compte des espèces connues sur le site afin de mieux orienter ses recherches ou de les compléter ; etc.
  • De réaliser des bilans du statut de conservation des espèces, tels que les listes rouges, qui se basent en partie sur l’aire de répartition des espèces ;
  • De calculer des tendances sur la base de données protocolées : Cettia permet de saisir les données de certains protocoles de Vigie-Nature (mais il est possible de les saisir sur les outils directement développés pour ces programmes, elles seront reversées ultérieurement dans Cettia) ; et à partir de 2018, un protocole permettant de saisir des listes exhaustives d’espèce pendant 10 minutes sera ouvert aux utilisateurs. Ce genre d’information est très précieux pour mesurer l’évolution des communautés animales ou végétales, car sans pression d’observation et sans indication d’exhaustivité du relevé, on mesure plutôt le comportement de l’observateur, et non l’état de la biodiversité.

informations complémentaires
Catégorie de la ressource: 
Ressources naturalistes
Année de la ressource: 
2014
randomness